Nous nous feront inviter à toutes les réceptions de la Capitale, sans jamais en donner une seule.
Dans l'écho de tout les corps confus, peut être trouvera t'on de quoi nous griser, s'enivrer pour oublier nos manques. Je sourirais en te voyant t'ébouriffer les cheveux au rythme de la musique comme pour faire sortir ton spleen par leurs racines. Ivre de tout ceux qui nous entourent on tentera chaque nuit de repousser plus loin les limites que nos corps de mortel nous fixent.
Après être passé dans les bras de mon amant du soir je reviendrais soudain à la réalité en même temps que disparaîtrons les brumes du cannabis, et dans l'orgie des tubes néons et de la musique électro.
Je crierais ton nom.
J'ouvrirais toutes les portes de la maison, demanderais à tout les drogués de la rue et hurlerais ton nom accroché à un réverbère, tout à fait consciente d'être à la limite du coma ethilico-affectif.
Et puis là je me mettrais à pleurer, persuadé de ton enlèvement par un groupe de militants UMP quand je sentirais ta main qui caresse mon cou. Tu serais à coté de moi, encore plus belle que d'habitude ta cigarette à la main.
Tu me prendrais par la main et te mettrai à courir comme une folle en détruisant les talons hauts de chaussures sur les pavés glissant. On prendrait le métro se plantant trois fois de station avant d'arriver à la maison.
Tu me regarderais cérémonieusement retirer mes vêtements.
« Tu ne peux pas savoir à quel point je regrette que tu ne sois pas un garçon
-Si tu dormais avec moi ce soir ? J'ai le blues ;
A nouveau ton sourire si particulier étirerait tes lèvres fines et tu tirerais les rideaux, inondant notre chambre des vapeurs de l'aube.
-Il n'est plus l'heure de dormir mon amour. Allons pique-niquer au Père Lachaise. »
Un an. C'est si long, mais tellement court tu sais.
Tâche d'y être aussi.
Image: Jean-Louis Wertz
Bouquin: Rhinocéros. Ionesco

